mardi 6 juillet 2010

Film "L'Epreuve des mots"

Film « L’ Epreuve des mots » au Sénat

Marie-Thérèse Hermange, Sénateur de Paris

et L’Arche en France

vous invitent à la projection de

« L’Epreuve des mots»

un film de Nicolas Favreau

Mardi 6 juillet 2010 à 18h00, Salle Monnerville

Palais du Luxembourg

15 ter, rue de Vaugirard – 75006 Paris

Les politiques publiques, au regard des personnes en situation de handicap, ont beaucoup évolué en France depuis le début des années 2000. La qualité de vie, l’exercice des droits et la citoyenneté sont enfin devenus des évidences, du moins dans la loi. Mais l’injonction administrative suffit-elle à éveiller les consciences, à dépasser les appréhensions et à changer le regard que chacun pose sur la différence ?

Dans « L’Epreuve des mots », Nicolas Favreau nous propose une mise en lumière de personnes handicapées mentales au cours d’entretiens dirigés par Anne Chabert d’Hières.

Dix hommes et femmes vous donnent rendez-vous pour les entendre comme citoyens et citoyennes et se positionner dans la société.

Les rencontrer pourrait affecter votre regard sur leur différence. Donc ils prennent la parole.....

Mais cela naurait pas de sens sil ny avait pas, quand même, une rencontre. Vous êtes invités à vous laisser engager dans une conversation dont chacun peut sortir transformé, plus conscient et plus sensible à la différence.

La projection commencera à 18h15 (durée du film : 26’) et sera suivie d’un échange avec l’équipe du film, puis d’un rafraîchissement en salle René Coty.

Bande annonce sur http://www.dailymotion.com/video/xdg2lp_bande-annonce-de-l-epreuve-des-mots_webcam

Sources :

- http://handicap.servhome.org

- http://www.scribd.com/

Thémathèque : l'ACV


Le retour à domicile après un accident vasculaire cérébral


Ecrit par un collectif d’auteurs (neurologue, médecins, psychologues, orthophonistes, assistantes sociales, kinésithérapeutes, ergothérapeutes), cet ouvrage entraîne le lecteur dans le monde des accidents vasculaires cérébraux ou AVC.

Le tour de la question est fait grâce aux différents chapitres sur l’anatomie, les causes et la prévention des AVC, les aspects rééducatifs, la vie quotidienne et les adaptations à mettre en place lorsqu’on vit avec un proche touché par un AVC, qu’il soit adulte ou enfant.

Un chapitre aborde également la législation et les données administratives et financières, avec les références utiles.

Un ouvrage de références où chacun trouvera réponse à ses questions.


Auteure : Catherine MORIN, collectif

Editeur : John Libbey Eurotext

Date de parution : mai 2009


Pour en savoir plus sur l'AVC, voilà un site à visiter :


Site : http://www.attaquecerebrale.org

Près de 150000 personnes par an font un AVC et jeunes, adultes et personnes âgées sont concernés, même si sa fréquence augmente avec l’âge.

Ce site, dans un style direct, fourmille d’informations : à voir la partie «documentation », le glossaire et les affiches, intéressantes.


En bonus :

Une vidéo très simple, courte et concise montrant le mécanisme de l’AVC sur le site suivant :

http://www.atlasducorpshumain.fr/cerveau-et-systeme-nerveux/16-accident-vasculaire-cerebral.html



vendredi 2 juillet 2010

L'IFDC


Les Editions La Cigale, qui fournissent bon nombres d'orthophonistes en jeux et matériel divers, plateforme de ressources, proposent une offre de lancement de l'IFDC ou Inventaire Français du Développement Communicatif.

Conçu par Sophie KERN, chercheur au CNRS et Frédérique GAYRAUD, enseignant chercheure à l'université de Lyon, l'IDFC a pour but d'évaluer le développement langagier des jeunes enfants à travers un questionnaire sur les gestes, le vocabulaire et l'émergence de la grammaire.

Objectif double (repérage des enfants à risque et suivi longitudinal de ceux-ci) et originalité de la procédure de recueil des données font de l'IDFC un outil intéressant à exploiter.

Source : La Cigale

Organe...


Le mardi 22 juin 2010, c’était la Journée Mondiale de réflexion sur le don d’organe et la greffe.

Savez-vous que…. ? La racine étymologique du mot vient du latin «organum» qui signifie «outil, instrument, machine».

Si on farfouille en orthophonie, la voix est un organe. Et le nombre d’organes humains requis pour la communication quelle qu’elle soit est impressionnant : bouche, langue, dents, nez, oreilles, œil, larynx, pharynx, glandes salivaires, cerveau, poumons, œsophage, tout ce qui part de la main et remonte vers l’épaule….

Et si on dénombre les organes utiles à l’orthophoniste et ceux du patient, on double encore la quantité ! Et comment faire pour que tous ces organes, tous ces outils, toutes ces machines s’accordent au point de communiquer, de copier, d’aller de concert vers le but recherché ? L’organe de l’un n’entendra peut-être pas les mêmes choses que l’autre, ne produira pas le même son, n’écrira pas la même lettre, ne comprendra pas le même mot, n’y verra pas la même signification….Quel est cet espace flottant entre les organes de l’orthophoniste et ceux du patient ? Peut-être tout simplement l’écoute et l’envie de communiquer….


Source photo : mycontact.fr

jeudi 1 juillet 2010

Dépistage néonatal systématique de la surdité

Le dépistage néonatal généralisé pour les nouveau-nés espagnols


Il a fallu vingt ans de combat mené par la Confédération des Familles des Enfants Malentendants (FIAPAS) pour que l’Espagne mette en place un dépistage néonatal de la surdité pour les bébés espagnols. 2500 familles espagnoles seraient concernées chaque année, avec un pourcentage de cinq nouveau-nés sur mille qui présentent une surdité. Le double intérêt de ce dépistage systématique néonatal sont la prévention des troubles et la prise en charge précoce de la surdité quelle que soit son origine et son importance.

Rappelons que la Grande-Bretagne pratique déjà ce dépistage, à quand le tour de la France, même si certaines régions comme le Nord-Pas-De-Calais l’ont déjà mis en place.

Mais...du côté de la France, on peut comprendre aussi certaines réactions de personnes sourdes qui ont pointé du doigt cette idée de dépistage néonatal de la surdité, arguant d'une "destruction" du monde de la surdité, reléguant la langue des signes dont elles usent et sont fières au rang de « langue bientôt morte »…


Source : Acfos

Date : 26 juin 2010

Une thèse sur le traitement phonétique en lecture


Soutenue à l'Université Lumière Lyon II le 18 juin 2010 par Sonia KRIFI-PAPOZ, cette thèse de neuropsychologie a pour titre "Traitement phonétique en lecture : lecture normale et dyslexie développementale". L'auteure autorise sa diffusion à condition de ne pas en changer les termes, et je vous livre sa conclusion :

"Nos douze expériences, menées auprès d’adultes, d’enfants normo-lecteurs et d’enfants dyslexiques, ont contribué à étudier le rôle des connaissances phonologiques dans le processus de reconnaissance de mot écrit. Elles ont permis de décrire la nature du code impliqué et de comprendre les mécanismes par lesquels les connaissances phonologiques interviennent en lecture. Les premières étapes du processus de reconnaissance de mot écrit impliqueraient un code phonologique suffisamment fin pour être décrit en termes de traits phonologiques. Nous proposons dans cette thèse un modèle de lecture articulant deux mécanismes basés sur les traits phonologiques : un mécanisme impliquant des relations activatrices entre les phonèmes et les traits phonologiques, et un mécanisme de relations d’inhibition latérale entre phonèmes partageant des traits phonologiques.

Le prolongement de notre réflexion sur le rôle des traits phonologiques en lecture chez les adultes bons lecteurs a permis de mieux connaître le décours temporel des deux mécanismes phonologiques proposés dans le modèle : le mécanisme activateur intervient plus rapidement que celui impliquant les relations d’inhibition latérale. Un deuxième résultat important de cette recherche est la mise en évidence du rôle de la présence simultanée de plusieurs syllabes écrites sur l’engagement de ces mécanismes. Nous avons fait le choix d’étudier les deux mécanismes phonologiques en manipulant le partage de traits phonologiques par deux consonnes d’un stimulus écrit disyllabique, afin de se rapprocher d’une situation de lecture normale. Nous avons montré que ce choix n’est pas méthodologiquement anodin, car dans un tel contexte la mise en œuvre de relations d’inhibition latérale est favorisée par la concurrence directe et d’emblée évidente entre les lettres en présence. En effet, il est apparu qu’une présentation successive de chacune des syllabes n’encourage pas le développement du mécanisme basé sur les relations d’inhibition latérale et permet un traitement plus indépendant des deux syllabes, en tout cas lorsqu’elles sont présentées à des emplacements distincts.

La réflexion engagée dans cette thèse à propos des mécanismes phonologiques impliqués en lecture nous a aussi conduite à proposer une justification à l’existence de deux mécanismes phonologiques. Le mécanisme phonologique de type activateur, basé sur des relations activatrices entre phonèmes et traits phonologiques, serait à l’origine d’effets analogues au phénomène d’assimilation ; nous l’avons montré grâce à une épreuve de lecture à voix haute de l’une des syllabes d’un stimulus CVCV. De telles assimilations seraient sources d’erreurs d’identification des lettres et la mise en place de relations d’inhibition latérale serait un moyen efficace, mis en oeuvre par le système cognitif, pour contrer les effets néfastes de ce biais. C’est pourquoi, dans un bilan, la détection d’effets produits par le mécanisme phonologique basé sur les inhibitions latérales constitue un indice potentiellement intéressant pour estimer l’efficacité et la maturité du système phonologique d’un lecteur. L’apprentissage de la lecture, et ses exigences importantes en termes de précision et d’organisation des connaissances phonologiques, pourrait bien être le principal moteur de la mise en place de ce raffinement particulier de la structure des unités phonologiques. L’absence de ce mécanisme chez des enfants en grande difficulté avec la lecture pourrait permettre un regard nouveau sur l’enfant dyslexique et ses difficultés phonologiques.

D’un point de vue plus théorique, une idée récurrente dans notre recherche est la notion de catégories de traits phonologiques. Nous avons étudié les effets de similarité infra-phonémique en manipulant le partage de plusieurs types de traits, non seulement pour accorder une certaine généralité à nos conclusions, mais aussi pour apprécier des différences entre les effets produits selon la catégorie de trait, afin de justifier la pertinence de telles catégories du point de vue cognitif. Nous avons ainsi pu montrer que les deux mécanismes phonologiques proposés dans notre modèle interviennent non seulement lorsque les stimuli partagent des traits de mode ou de lieu d’articulation, mais aussi quand ils partagent le voisement. L’implication des relations d’inhibition latérale basées sur le voisement semble cependant tellement rapide, qu’il faut utiliser des situations expérimentales particulièrement exigeantes pour recueillir les indices d’un mécanisme phonologique antérieur, et apparemment très vite masqué par le suivant.

Si des effets de similarité basés sur le partage de traits phonologiques se produisent en lecture pour les trois catégories de traits étudiées, notre recherche a aussi apporté des arguments pour montrer que cette typologie des traits est cognitivement pertinente, et une organisation hiérarchique des catégories de traits semble même se dégager, dans les situations de lecture. Les inhibitions latérales basées sur le trait de voisement sont apparues comme les plus rapides, mais cette supériorité n’est que d’ordre temporel. Les inhibitions les plus fortes et les plus systématiques sont en effet basées sur le mode. Les effets de lieu d’articulation sont moins systématiques, mais tout de même davantage que les effets de voisement. Les adultes bons lecteurs élaboreraient donc une organisation des phonèmes intégrant des relations d’inhibition latérale dont le poids varie selon le type de trait phonologique partagé. Des données recueillies dans des expériences d’appariement de syllabes, en modalités visuelle et audio-visuelle, ont permis de confirmer que les traits de mode, de lieu d’articulation et de voisement ont des statuts cognitifs différents, ce qui confirme la pertinence cognitive de cette typologie des traits. Le mode d’articulation semble la catégorie la plus organisatrice chez les adultes et les enfants normo-lecteurs, qui l’utilisent de manière privilégiée pour rapprocher des syllabes. La hiérarchie des catégories de traits comme critère d’organisation des consonnes s’établit toutefois progressivement chez les enfants, pendant la période où ils apprennent à lire.

Enfin, cette thèse vise à mieux comprendre la nature de certains troubles phonologiques chez les enfants dyslexiques, à préciser certaines anomalies de leurs représentations au niveau infra-phonémique, tout en tenant compte de disparités possibles dans ces anomalies selon le type de dyslexie. Dans de précédents travaux, nous avions montré des effets de partage de traits phonologiques à l’intérieur d’un stimulus écrit unique chez des adultes bons lecteurs et chez les enfants normo-lecteurs dès le CE2. Dans cette thèse, nous montrons que les enfants dyslexiques présentent sur ce plan deux types d’anomalies. Les résultats montrent que les enfants dyslexiques avec trouble phonologique pourraient présenter une absence de sensibilité au partage de traits phonologiques par des consonnes successives en lecture, alors que le déficit des enfants dyslexiques sans trouble phonologique ne serait pas aussi radical. Ils pourraient par exemple ne souffrir que d’un retard dans l’établissement d’une organisation phonologique basée sur des inhibitions latérales. Enfin, des perturbations de la mise en place de l’organisation hiérarchique des catégories de traits phonologiques ont également été mises en évidence chez les enfants dyslexiques, dans des épreuves métaphonologiques. Les résultats d’expériences d’appariement de syllabes montrent en effet que ces enfants présentent une organisation atypique des trois catégories de traits étudiés (voisement, mode et lieu d’articulation), et des anomalies particulièrement marquées sont relevées chez les enfants présentant une dyslexie de type phonologique plutôt qu’une dyslexie de type surface.

Ce travail de thèse met donc en évidence des différences, en fonction du type de dyslexie, dans les anomalies des traitements phonologiques présentées par les enfants dyslexiques. Cela a un intérêt sur le plan clinique en neuropsychologie pour le diagnostic différentiel entre dyslexie avec trouble phonologique ou sans trouble phonologique. Des outils, utilisant et étudiant les mécanismes phonologiques que nous décrivons tout au long de ce travail de thèse, pourraient être développés et pourraient servir de tests neuropsychologiques dans la pratique clinique."


Sources :

- http://theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/2010/krifi_s#p=175&a=TH.7

- http://www.google.co.ma

Auteure de la thèse : Sonia KRIFI - PAPOZ