lundi 30 avril 2012

News : Maroc et pédagogie de l'intégration

Le Maroc et la pédagogie de l'intégration
Des enseignants se sentent frustrés 

 Lancée en 2009 à titre d'expérimentation, la Pédagogie de l'intégration dans l'enseignement primaire et secondaire collégial a dû être suspendue après avoir fait l'objet de vives critiques par un pan entier du corps enseignant. Aujourd'hui, les enseignants, pour qui cette approche avait été satisfaisante, regrettent qu'elle n'aie pas été maintenue.


"Les professeurs d'écoles ont regagné lundi leurs classes pour un dernier trimestre, calme pour les uns, frustrant pour les autres. Cette période de la vie scolaire aurait été cruciale pour juger les élèves en termes de maitrise de compétences si les enseignants n'avaient pas repoussé, par une salve de critiques, l'adoption de la pédagogie d'intégration dans l'organisation des apprentissages.

“J'aurais aimé que la pédagogie d'intégration ait été maintenue, car elle permet aux élèves d'apprendre à résoudre les situations de la vie quotidienne. Je regrette qu'elle ait été rejetée par des enseignants qui ne veulent fournir aucun effort pour rendre les élèves capables d'agir dans leur milieu.”
Fatima El Gareh, institutrice au primaire

Cette enseignante se sent “frustrée” de voir cette approche pédagogique suspendue cette année du système éducatif. Cela est d'autant plus vrai que l'année dernière, la méthode en question “m'avait procuré tant de satisfactions”, ajoute-t-elle.

La pédagogie d'intégration, lancée à titre d'expérimentation dès la rentrée 2009-2010, se présente comme le cadre méthodologique adéquat qui permet la mise en œuvre effective de l'Approche par compétences (ApC), adoptée officiellement en 1999 dans l'ensemble des classes marocaines.
A cet effet, des sessions de formation intenses ont été dispensées aux professeurs pour qu'ils s'approprient l'esprit et les finalités de la réforme.

Une approche destinée aux élèves de “faible” niveau
Mais, un pan entier du corps enseignant a refusé d'emblée d'entendre parler d'une autre manière de faire et, du coup, de changer leurs représentations.
“La nouvelle approche ne s'adresse qu'aux élèves forts”, “C'est une démarche purement utilitariste”, “Elle est destinée avant tout aux apprentis faibles”, voilà des reproches formulés par les enseignants. D'autres estiment plutôt qu'elle met davantage l'accent sur l'évaluation que sur l'apprentissage, consomme beaucoup de temps, qu'elle est calquée sur des valeurs occidentales ou bien qu'elle ne profite pas aux élèves marocains en raison de la surcharge des classes.
“Ces raisons avancées par les enseignants dénotent une méconnaissance manifeste des bienfaits de la nouvelle démarche sur plusieurs plans, notamment du point de vue de l'efficacité et de l'équité. Les expériences en la matière sont là pour démentir ces conceptions.”
Noureddine Benayada, inspecteur pédagogique de l'enseignement primaire.

A côté de résultats relatifs à l'efficacité interne du système, on observe, poursuit M. Benayada, des résultats intéressants du point de vue de l'équité puisque, si cette approche profite à tous les élèves, elle bénéficie surtout aux plus faibles.
A titre d'exemple, une expérience menée au Gabon auprès de 7.500 élèves en 2003 a révélé, entre autres, que la pédagogie d'intégration ouvre la voie de la réussite à 12% d'élèves supplémentaires par rapport à l'approche sommative.

Au Maroc, comme dans plusieurs autres pays du monde, un grand fossé existe entre la vie à l'école et la vie en société. Les élèves habitués à apprendre par cœur des savoirs pour les restituer le jour de l'examen n'ont pas les outils leur permettant de se débrouiller dans des situations de la vie quotidienne. L'école produit dès lors des jeunes qui ont acquis des connaissances pendant plusieurs années, mais qui sont incapables d'en tirer parti dans la vie de tous les jours."

Source : http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2012/4/24/des-enseignants-se-sentent-frustres

vendredi 27 avril 2012

Sortie de livre : Mon enfant bégaie


 

"Le bégaiement est une source de souffrance. Évitons qu’il gâche toute une vie !
Le bégaiement atteint 1 % de la population, soit environ 650 000 personnes en France. Il touche dans l’enfance 5 % des enfants : une fille pour trois garçons. Dans 3 cas sur 4, le bégaiement aura disparu à l’adolescence. Mais… attention ! Le bégaiement ne passera pas forcément tout seul !


Si l’on n’intervient pas précocement, 1 enfant sur 4 (mais aucun moyen de savoir lequel !) verra son bégaiement devenir chronique (permanent). Or un changement des attitudes de l’entourage vis à vis du trouble de la parole de l’enfant, et vis à vis de l’enfant lui-même – par exemple, des modifications de sa vie quotidienne, ainsi que de la façon de communiquer avec lui – pourraient suffire dans la plupart des cas à faire disparaître ou à réduire son trouble.

De l’enfance à l’adolescence, l’entourage familial et éducatif peut ainsi jouer un rôle décisif dans l’évolution du bégaiement de l’enfant, et éviter qu’il devienne constitutif de son identité.

Anne-Marie Simon est, depuis plus de 20 ans, une orthophoniste de référence dans le traitement du bégaiement chez les enfants et les adolescents. Elle a exercé à l’hôpital (Laboratoire Pathologies du langage, Hôpital de la Salpêtrière, à Paris), en tant qu’attachée à l’ISERM, et en libéral. Membre fondateur en 1992 de l’Association Parole Bégaiement, elle en est encore aujourd’hui la secrétaire générale. L’Association mène des campagnes de sensibilisation et de prévention contre le bégaiement, tant en France que dans les pays francophones."

Auteure : Anne-Marie Simon
Editeur : Tom Pousse, coll. Concrètement, que faire?
Parution : 14 mai 2012

jeudi 26 avril 2012

News : l'oeil et la lecture

Des caméras révèlent ce que fait l'œil quand il lit 

Les trois caméras d'Eyelink, mis au point par le CNRS, suivent l'œil à raison de 500 images par seconde. Photo : CNRS Photothèque / Kaksonen

 Voici un article de Philippe Simon sur une recherche du CNRS alliant œil, caméra et lecture.

"Face à un mot écrit, le cerveau commande le regard d'une manière tout à fait précise, constante et efficace. Cette découverte peut servir à aider certains enfants dyslexiques.
Comment que c'est que tu causes ? Avec quel accent ? Comment prononce-t-on les syllabes du français ? À portée de voix du centre historique d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le laboratoire « Parole et langage » du CNRS (Centre national de recherche scientifique) observe, scrute, écoute, analyse, répond à toutes ces questions.

Voici quelques mois, l'équipe que dirige Stéphanie Ducrot, docteur en psychologie cognitive, a découvert « ce que fait l'œil quand il est face à un mot écrit ». Grâce à Eyelink, un outil de haute technologie. Un drôle de casque équipé de trois caméras braquées sur l'oeil. « Elles suivent le mouvement, à 500 images par seconde. »

Consigne donnée au lecteur cobaye : « Regarder le centre du mot qui apparaît, devant lui, sur un écran. » Le mot « carnaval », par exemple. Constat : « L'œil "n'atterrit pas" n'importe où. » Il devrait tomber sur les lettres centrales, le « n » ou le « a ». Eh bien non ! « Systématiquement, il fixe le milieu de la partie gauche du mot. » Soit le premier « a » ou le « r ».
Troubles « visioattentionnels »
Pour la psychologue, dans le cerveau, « il y a une sorte de prétraitement. L'œil "atterrit" à la position optimale pour la lecture ». Pour s'en convaincre, elle a fait la même expérience « avec des personnes de langue arabe qui lisent de droite à gauche ». Leur œil agit de même mais en fixant « le milieu de la partie droite du mot » !

Et quand l'œil n'est plus face à un mot tout seul, mais face à une phrase ? « Il s'appuie sur une quinzaine de caractères, en identifie trois ou quatre sur le côté gauche et le reste sur la droite. » Le cerveau fait le lien avec les mots emmagasinés dans la mémoire. Pendant ce temps, l'œil est déjà sur le paquet de lettres suivant !

L'équipe a renouvelé l'expérience avec des enfants souffrant de dyslexie. Les caméras ont repéré que, pour certains d'entre eux, « l'atterrissage de l'œil n'est pas maîtrisé ». Une fois, il tombe à gauche, une autre fois à droite... « Ce sont des troubles visioattentionnels, une forme de dyslexie particulière », détaille Mathilde Muneaux, psychologue spécialisée en neuropsychologie auprès du Centre hospitalier de Dignes-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence).

La découverte du CNRS l'intéresse dans son travail : « La dyslexie est un trouble présent à vie. Pour ces enfants, qui souffrent de ces troubles visioattentionnels, on espère repositionner l'oeil, l'entraîner à regarder au bon endroit. En montrant des mots avec la lettre qu'on veut viser écrite en rouge, par exemple. Le cerveau a une certaine plasticité. Il peut s'adapter. » Ce qui permettrait peut-être de réduire les difficultés.
Ces recherches pourraient aussi déboucher sur des exercices systématiques, « dans les classes de grande section de maternelle ». Pour détecter d'éventuels troubles. Pour développer les capacités de l'œil et faciliter l'apprentissage de la lecture. « Car lire, c'est visuel », insiste Stéphanie Ducrot."

Source : Philippe Simon,  http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Des-cameras-revelent-ce-que-fait-l-œil-quand-il-lit-_

mardi 24 avril 2012

Sortie de film : Miroir de mon âme

" Miroir de mon âme " : le film qui met le handicap à nu !


 

Résumé : Ce documentaire de 52 min montre le handicap dans toute la simplicité, sa crudité, sa beauté... " Miroir de mon âme " est une œuvre avant-gardiste, sans préjugé ni tabou. Dérangeante ? Tant mieux ! Un miroir, enfin brisé, qui promet 7 ans de bonheur.

"Et de la grâce il y en a dans ces images. Celles de « Miroir de mon âme », un film documentaire réalisé par Deza Nguembock, directrice de l'agence E&H Lab (Esthétique et Handicap Lab). Ce film dure 52 minutes. 52 minutes, scotché dans votre siège. Drôle de miroir déformant, sans lunettes, sans 3D, sans effets spéciaux. On y découvre leur corps, leur pudeur, leurs états d'âmes. On y découvre nos peurs, nos projections, nos interrogations..."

Auteur : handicap.fr - E.Dal'Secco
Source : ttp://informations.handicap.fr/art-infos-handicap-2012-811-4771.php
Bande annonce : http://video.handicap.fr/index.php/show_video/493

lundi 23 avril 2012

Dossier : La surdité de l'enfant en 2012

Dans le magazine Audiology Infos n°23 du mois d'avril 2012 vous trouverez tout un dossier sur la surdité de l'enfant :


La surdité de l'enfant en 2012
"Peu de domaines de l'audiologie ont vu en quelques années bénéficier de progrès aussi importants que la surdité de l'enfant. Une meilleure connaissance de la physiopathologie des atteintes de l'oreille interne, particulièrement celles d'origine génétique, la mise au point de nouvelles techniques de dépistage néonatal comme les oto-émissions ou les potentiels évoqués automatisés et enfin les progrès récents de l'appareillage et de l'implantation cochléaire pédiatriques ont contribué à modifier profondément le paysage de la surdité de l'enfant."  

Dépistage néonatal : l'exemple tourangeau
"Depuis septembre 2002, le professeur Alain Robier et l'ensemble de l'équipe d'ORL d'Indre-et-Loire ont mis en place un protocole de dépistage néonatal de la surdité systématique dans le département. Ce dispositif vient d'être étendu à toute la région Centre. Il nous détaille le protocole retenu, et les résultats obtenus en quelque sept ans d'expérience. Entretien."

Implants : les alternatives pédiatriques
"Afin de se repérer parmi toutes les alternatives chirurgicales pour le traitement des surdités pédiatriques, le dernier congrès de la Société française d'ORL (SFORL) a consacré l'une de ses sessions aux différentes technologies aujourd'hui disponibles : les implants cochléaires, mais également les implants auditifs à ancrage osseux et les implants d'oreille moyenne. Revue."  


Panorama des surdités pédiatriques
"La prise en charge de la surdité dès le plus jeune âge nécessite des adaptations de la part des médecins ORL , du dépistage néonatal à la recherche des étiologies, permettant de poser au plus tôt le diagnostic pour guider la thérapie pédiatrique. L'acquisition et le développement du langage seront tout particulièrement suivis chez les jeunes patients implantés cochléaires. Revue de détail." 

Source : http://www.audiology-infos.eu/






 




jeudi 19 avril 2012

News : Orthographe : la circulaire qui remet les points sur les « i »


Le ministère de l’Education nationale veut « refonder » l’enseignement de l’orthographe à l’école


"15 fautes en dix lignes de dictée chez les élèves ! L’expérience est éloquente (Lire par ailleurs). Le ministère de l’Éducation nationale a décidé de réagir en « refondant » l’enseignement de l’orthographe à l’école. Il va envoyer aux enseignants une circulaire pour les accompagner dans la pédagogie.
Cette dernière, adressée dans les prochains jours, à tous les enseignants des écoles primaires définira les principes clés pour favoriser un nouvel enseignement de l’orthographe. 
En partant du constat que la maîtrise de l’orthographe d’usage régresse depuis vingt ans, et plus encore l’usage correct de la conjugaison des verbes et la mise en œuvre des accords, le ministère veut ainsi recentrer l’activité pédagogique des professeurs des écoles sur un enseignement plus explicite : « L’orthographe doit s’apprendre à partir de notions claires ayant leurs propres règles permettant aux élèves de mieux comprendre et de rédiger des écrits et elle doit s’enseigner de manière complémentaire à la grammaire et au vocabulaire », poursuit-il.
La circulaire sera accompagnée par la diffusion à tous les enseignants de cycle 3 (CE2-CM1-CM2) d’une plaquette d’orientations pédagogiques contenant des exemples d’exercices types."
Voilà qui va faire encore plus plaisir à nos petits et grands dysorthographiques...

Date de parution : 18 avril 2012

A ne pas manquer : l'Association Québécquoise pour les Enfants Dyspraxiques (AQED) vous informe que leur site qui est en construction, devrait voir le jour d'ici la fin du mois d'avril.

Sur ce site, vous retrouverez plusieurs rubriques dont :
- Dyspraxie
- Ecole
- Ressources
- Activités
- Nouveautés